Petite histoire de l’eau !

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Nous utilisons l’eau à longueur de journée. Pour nous laver, pour la cuisine ou les toilettes. Des gestes quotidiens, des habitudes que l’on pourrait croire anciennes et qui nous semblent anodines. Nous avons cependant oublié que pour la grande majorité du temps passé sur Terre par les êtres humains, ces gestes qui nous semblent normaux ont été une préoccupation quotidienne pendant des milliers d’années. Où trouver de l’eau, comment la stocker, comment se laver.  Ce n’est seulement que depuis deux siècles qu’il est possible d’avoir l’eau courante à la maison et ce dans les pays les plus développés. Dans de nombreux autres, ces questions se posent encore quotidiennement aux habitants. Notre rapport à l’eau a été modifié et l’on ne se rend plus compte de l’importance de cette ressource et de la nécessité de limiter son usage au stricte nécessaire. Quoi de plus naturel que de tourner un robinet pour se servir un verre d’eau ou laver la salade. Mais l’on se pose rarement la question de savoir d’où vient l’eau qui coule au robinet et où celle-ci repart-elle une fois utilisée. Or il s’agit de questions majeures pour les communes ou les collectivités qui sont en charge de ces questions. Derrière des gestes banals, tout un monde se cache pour fournir à chacun une eau de qualité et nous permettre de ne pas nous préoccuper de celle-ci une fois utilisée. Toute cette ingénierie nous a permis d’améliorer notre confort de vie mais nous a aussi fait perdre l’importance, la valeur de la ressource en eau. Peu de gens se préoccupe de leur consommation d’eau si ce n’est pour ne pas alourdir leur facture. Ce qu’ils ignorent le plus souvent c’est qu’ils peuvent agir autrement qu’en réduisant leur consommation pour réduire leur facture d’eau. Nous sommes responsables de la qualité de l’eau que nous rejetons. Une eau propre naturellement ne demande pas ou peu de traitement pour la rendre potable, ce qui veut dire un coût moins élevé pour les consommateurs. Au travers d’une petite serie d’articles consacrés à l’eau, nous vous proposons de voir ou revoir ensemble le voyage d’une goutte d’eau depuis son arrivée sur Terre sous forme de pluie à son retour dans l’atmosphère sous forme de vapeur. En suivant son cheminement nous aborderons les thèmes de la ressource disponible et de la consommation, du captage de l’eau potable et enfin du traitement des eaux usées domestiques.

La ressource disponible

Comme vous le savez sûrement, 98% de l’eau présente sur Terre est salée. Les 2% restant constituent l’eau douce. Parmi ces 2%, les quatre cinquièmes de cette eau douce sont stockés sous forme de glace aux pôles. Cette ressource n’étant pas exploitable, il ne reste au total, disponible véritablement pour la consommation humaine que 0,03% de toute l’eau présente sur Terre. Le volume d’eau présent sur la planète est constant, il n’y pas d’eau créée ni d’eau perdue. Jusqu’à présent, les ressources disponibles étaient suffisantes pour tout le monde vivant sur Terre. La population mondiale grandissant, les besoins avec, le volume d’eau disponible par personne et par an a fortement diminué, passant de 12900 m3 en 1970 à 6800 m3 en 2004 avec une prévision à 5000 m3 en 2025. On comprend alors pourquoi de plus en plus de conflits naissent entre états voir entre régions d’un même pays pour l’utilisation de la ressource en eau.

La diminution de la quantité d’eau disponible n’est pas la seule menace qui pèse sur les populations futures. La qualité de l’eau utilisable se dégrade elle aussi. De plus en plus de composés toxiques comme les pesticides, les médicaments, les PCB (PolyChloroBiphényls) ou les métaux lourds se retrouvent dans l’eau. Ces composés posent problèmes pour trois raisons : la première est qu’ils perturbent le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Souvent toxique pour les êtres vivants, ils peuvent entraîner leur mort ou modifier leur fonctionnement physiologique. Ainsi, certains poissons soumis à des doses fortes de résidus de pilules contraceptives changent de sexe. La seconde est qu’ils sont persistants pour la plupart, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas éliminés naturellement. Leur quantité ne fait donc qu’augmenter. La troisième est qu’ils sont difficiles à retirer des eaux pour la rendre potable, les processus sont très couteux. Or, de nombreux puits de captages sont contaminés ou risquent d’être contaminés par ces polluants et il est impératif de les retirer avant de pouvoir consommer l’eau car ils ont aussi des effets sur l’être humain.

Vous l’avez compris, bien que présente en très grand volume sur Terre, l’eau que nous pouvons utiliser au quotidien ne représente qu’une infime partie du total. Il est donc nécessaire de garder cette ressource en bon état.

Gardons aussi à l’esprit que dans un pays comme la France, nous sommes relativement bien protégé contre le manque d’eau. Notre pays présente des ressources importantes qui nous mettent à l’abri, pour l’instant, d’une pénurie. Cependant ce n’est pas le cas pour tous les pays. Si nous disposons chacun de 6 à 5000 m3 d’eau par an en moyenne dans le monde, cette richesse n’est pas également répartie. En France nous avons accès à plus que ce volume alors que dans certain pays d’Afrique ou d’Asie, c’est beaucoup moins alors que l’accès à l’eau est un droit pour l’ensemble de l’humanité ainsi qu’un bien commun. Ne gâchons pas notre ressource sous prétexte qu’elle est abondante alors qu’elle manque ailleurs dans le monde.

La prochaine fois nous verrons comment se répartit la consommation d’eau en France et dans le monde, quels sont les secteurs les plus gourmands et ceux qui l’utilisent le moins.

« Par la soif, on apprend l’eau » E. Dickinson

 

About the author:

Pharmacien. Master ingénierie des milieux aquatiques Centre d'intérêt: environnement, phytothérapie

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